
Le Cabinet de Cire est né d’un vol
Le Cabinet de Cire est une marque de bougies artisanales non parfumées, inspirée par les cabinets de curiosités, l’esthétique sombre et l’humour noir.
Mais ce nom n’est pas né d’une jolie histoire marketing.
Il est né d’un vol.
Voici l’histoire vraie de la création du Cabinet de Cire — et la raison pour laquelle je porte ce nom.
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En 2016, j’étais encore gentille (et ça m’a coûté cher)
En 2016, j’étais encore gentille.
Pas gentille façon bisounours.
Gentille façon dangereuse : je croyais encore que les gens étaient honnêtes.
Je vais voir un commerçant que je connais.
Une boutique magnifique. Vitrine impeccable. Ambiance classe.
Le genre d’endroit où tu te dis : “Si mon travail est ici, c’est que je suis légitime.”
Je lui montre mes créations.
Il flash. Il adore. Il s’excite comme un gosse devant une vitrine de bonbons.
Et moi, naïve, je pense : “Enfin quelqu’un qui comprend l’artisanat.”
Il veut en acheter pour revendre.
Moi je suis en couveuse d’entreprise — une usine administrative parfaitement conçue pour détruire les cerveaux créatifs — mais au moins je peux facturer.
Sauf que je ne connais rien au commerce.
Moi je calcule avec mes mains, mon temps, ma matière.
Donc je lui donne naturellement le prix auquel je pensais vendre :
20€ la bougie de 15 cm.
Et là… le sourire.
Le petit sourire du type qui vient de repérer une proie.
Il m’explique que “ça ne marche pas comme ça”.
Que lui doit faire une marge. Que je dois baisser.
Mais que je vais vendre en quantité, donc que je vais gagner de l’argent.
Le discours classique.
Le discours des requins : “Tu vas gagner moins, mais tu vas gagner plus.”
Traduction : je vais m’enrichir sur ton dos et tu vas dire merci.
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Le prix du mépris : 8€
Et il lâche le prix final, sans trembler :
8€.
Huit euros.
Pour une création artisanale.
Pour un objet fait à la main.
Pour un truc qui me coûte du temps, de l’énergie, de la matière, du corps.
Mais je suis novice.
Je n’ai pas encore appris à reconnaître les voleurs polis.
Alors j’accepte.
Parce que le chèque final a l’air cool.
Parce que je veux y croire.
Parce que je suis encore dans cette phase où je pense que le talent suffit à être respectée.
Je fabrique.
Il installe en boutique.
Il m’envoie une photo de la mise en valeur.
C’est superbe.
Vraiment superbe.
Je suis fière. J’ai l’impression d’avoir franchi un cap.
Sauf que… il n’y a pas de cap.
Il y a juste un piège.
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Le vol du mérite : “C’est moi qui ai eu l’idée”
Quelques jours après, des amis vont à la boutique.
Ils voient les bougies. Ils demandent :
“Qui fait ces créations ?”
Et lui répond, tranquille, comme si c’était normal :
“C’est moi. J’ai eu l’idée. Je fais fabriquer par une artisan.”
Pas mon nom.
Pas un crédit.
Pas une mention.
Je ne suis même pas une personne dans son récit.
Je suis un outil.
Une sous-traitante.
Une machine humaine à fabriquer ses bénéfices.
Et là, le détail qui m’a réveillée d’un coup :
Les bougies de 15 cm sont vendues 30€.
Trente euros.
Pendant que moi je les lui vends 8€.
Donc résumons :
Je crée.
Je produis.
Je m’épuise.
Je vends à prix cassé parce qu’il m’a manipulée avec son discours.
Et lui… il s’approprie l’idée, s’approprie le mérite, s’approprie l’histoire… et encaisse une marge indécente.
J’ai eu le ventre retourné.
Il y a des commerçants qui vendent.
Et puis il y a ceux qui volent, ceux qui pompent l’âme d’un artisan et s’en servent comme marchepied.
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Même le nom, il l’a pris
Et comme si ça ne suffisait pas… sur son site, je vois un nom posé sur mon travail :
Le Cabinet de Cire.
Le mec ne vole pas juste les bougies.
Il vole aussi le langage autour.
Il met un nom sur mon univers comme on colle une étiquette sur une proie :
“Voilà. C’est à moi.”
Et là, j’ai compris une chose très simple :
Dans ce monde-là, si tu ne protèges pas ton œuvre, quelqu’un viendra la manger.
Et il te sourira en mâchant.
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La riposte : dépôt de marque INPI et fin du jeu
Alors j’ai arrêté de pleurer.
Et j’ai commencé à agir.
Je suis allée à l’INPI.
J’ai déposé la marque.
J’ai verrouillé le nom.
Je l’ai arraché à ses mains.
Et j’ai coupé court.
Parce qu’évidemment, il voulait continuer.
Marché de Noël. Quantités. “Faire du chiffre”.
Toujours plus. Toujours sur mon dos.
Sauf que non.
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Ce que ça m’a appris : l’artisanat, c’est aussi la guerre
Ce jour-là, j’ai appris.
Pas le commerce.
La guerre.
J’ai compris que l’artisanat, ce n’est pas juste fabriquer :
c’est survivre dans un monde rempli de requins qui te regardent comme une ressource.
Et c’est comme ça qu’est né Le Cabinet de Cire :
pas dans une histoire mignonne.
pas dans une belle rencontre.
Mais dans un vol.
Et une riposte.
J’ai appris le commerce à la dure : sur le dos des cons.
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Cyril (vendredi, 23 janvier 2026 13:53)
Je connaissais déjà l’histoire mais j’ai pris « plaisir » à la relire car il faut te connaître et connaître ton passé pour apprécier la personne que tu es maintenant.
Tu as tout mon soutien et mon admiration, continue de te battre car tu es une personne exceptionnelle, qui fait un travail exceptionnel. Bises �
Laurent (jeudi, 19 février 2026 22:13)
Au moins c'est dit !